Cie Racine

Par la danse, la chorégraphe échantillonne le corps, comme un objet, le soumettant à des expérimentations de forces primaires : par le biais de la physique et de la mécanique, elle passe à la loupe les capacités infinies du corps, montrant celui-ci comme un réceptacle soumis perpétuellement à la transformation et la manipulation extérieure. Ces “forces” dont elle évoque la puissante implication, agissent sans cesse pour transformer le danseur dans son mouvement, dans sa gestuelle et sa dynamique interne.

Rien ne se crée, tout se transforme” comme Lavoisier le revendique, c’est avant tout pour montrer qu’un corps scientifique n’est pas isolé de son contexte. Il existe deux types de forces, les forces de contact telles que la pression, ou le frottement et les forces à distance comme la gravité ou la force électromagnétique. Ces forces nous manipulent dans l’espace, dans le temps, la vitesse, et la forme. Par exemple, si nous sommes soumis à une force centripète, nous serons contraints dans une trajectoire incurvée (elliptique, circulaire…) en direction du centre.

Les corps soumis aux différentes forces, se voient aussi manipuler par des objets physiques. S’appuyant sur les objets d’expériences scientifiques, et particulièrement sur les appareils de mesures, elle s’inspire de leurs mécanismes de fonctionnement complexes pour en extirper leurs mouvements internes.

La Cie √, envisage alors ses pièces chorégraphiques comme des expériences scientifiquement mesurables, dont la composition et la complexité varient, pour que danseurs, mouvements et forces puissent se faire face dans une réponse et une rencontre inévitable, moteurs de création.

Utiliser les algorithmes et les équations par exemple, permet de mettre spatialement les corps à l’épreuve : par des méthodes scientifiques, les danseurs se voient être déplacés par le temps, l’espace et autres forces extérieures tout en pensant être sujet à une inversion des rôles. Ces méthodes scientifiques régissent aujourd’hui la performance de nos organisations sociétales, notre quotidien et nos rapports du temps à l’espace. Elles se posent comme des partitions douées d’ubiquité, invisibles et présentes partout, mélange d’une création puissante entre science et humanité.

Ce qui intéresse la chorégraphe, c’est le corps physique-scientifique et son positionnement, ses réponses. Le même qui, soumis à l’épreuve des forces et des vecteurs, peut faire l’objet d’une démarche, d’une analyse, d’une méthode, d’un résultat, d’une théorie (dans sa possibilité de compréhension, et d’application des données).

Téléphone

+33 6 40 31 38 64

Email(s)
racine.compagnie@gmail.com
Chorégraphe(s)
Clara Delorme